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Insigne de l'OSS, repris depuis par le United States Special Operations Command.

 

L'Office of Strategic Services OSS

 

« Bureau des services stratégiques ») était une agence de renseignement du gouvernement des États-Unis. Elle a été créée le 13 juin 1942 après l'entrée en guerre des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale pour collecter des informations et conduire des actions « clandestines » et « non ordonnées » par d'autres organes. Elle a été démantelée à la fin de l'année 1945 pour être remplacée par la CIA.                                                                                                     Insigne de l'OSS     

 

 

 

Dans son livre « l’Aigle sur Dordogne – le barrage de la résistance », Jean-Louis Salat, relate, outre la construction du barrage, la vie de la cité à Aynes, la constitution du maquis, les actions du bataillon « Didier », un fait qu’il évoque dans les pages 203 à 208, la reddition de la garnison allemande gardant la centrale électrique de Rueyres alimenté par le barrage de Sarrans, ainsi que la bataille de Saint-Poncy dans les jours qui suivirent.

 

Livre « l’Aigle sur Dordogne – le barrage de la résistance », Jean-Louis Salat,les pages 203 à 208

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Le barrage de Sarrans est un barrage hydroélectrique qui barre la Truyère sur la commune de Brommat, dans le département de l'Aveyron.

Mis en service en 1934, le barrage de Sarrans retient les eaux sur 35 kilomètres de long, noyant près de 1 000 hectares de terre. C'est un barrage-poids en béton avec pour dimensions :

  • hauteur : 105 mètres ;
  • longueur : 225 m en crête ;
  • volume : 296 millions de mètres cubes d'eau.

 

                                    La grande partie de la retenue se trouve dans le Cantal

 

 

 

  Pourquoi revenir sur ces évènements ?

 

 

             Lors de l’encerclement de ce poste de Rueyres sur la Truyère qui se déroula du 14 au 20 août 1944, plusieurs groupes de maquis FFI participèrent à cette action, maquis venant essentiellement pour la plupart des régions sud du Cantal et nord de l’Aveyron.

 

                On se souvient que la reddition de la garnison du Lieutenant Schade chargé de la protection de ce transformateur, fut obtenue à l’issue de négociations en présence de l’ingénieur Monsieur Coyne, par une délégation dont faisaient partie plusieurs officiers FFI en uniformes dont André Oheix, commandant la compagnie « Saint-André », Parisot de Méricourt représentant le bataillon « Didier », le commandant britannique Thomas MacPherson des équipes « Jedburgh » sous le nom de code « Quinine », ainsi que des officiers américains du commando « Lindsey ».

 

                La section J.L. et celle de Yann de Lanlais de la compagnie Poirier du bataillon, avait reçu pour mission de tenir la rive droite de la Bromme et la rive gauche de la Truyère, ceci en liaison avec le commando américain de 19 hommes parachuté peu de temps auparavant.

 

                Dans la nuit du 14 au 15 août, sur ordre de MacPherson, les « dynamiteros » de la compagnie Bernard, des espagnols probablement car c’était leur spécialité, coupèrent les routes à l’explosif en faisant également sauter le pont de la Cadène.

 

Thomas Macpherson, l'homme qui sauta en kilt sur l'Aveyron

Ecossais et fier de l'être, Thomas Macpherson a été anobli par la reine d'Angleterre

Les négociations pour la reddition de la garnison allemande qui tenait le centre d'interconnexion électrique de Rueyres, sur la commune de Brommat, furent menées, entre autres, par deux officiers alliés : l'un, un Ecossais, Thomas Macpherson, chef de la mission interalliée Jedburgh-Quinine, et l'autre, André Cheix, un Français qui commandait la compagnie André.

Tous deux avaient été parachutés début juin 1944 sur le maquis de la Luzette, en limite du Lot et du Cantal. Cinquante ans après, nous les avons retrouvés. Ils nous racontent d'où ils venaient et comment se passa la reddition de Rueyres. 

Dans la nuit du 7 au 8 juin 1944, le chef d'une mission interalliée, Thomas Macpherson, un Ecossais âgé alors de 23 ans, atterrit en kilt sur un terrain du maquis de la Luzene, à cheval sur les communes lotoises de Sousceyrac et de Labastide -du-Haut-Mont, et cantalienne de Saint-Saury.

Pourquoi avoir atterri en kilt ?

D'abord parce que cela fait partie de l'uniforme de mon régiment. Ensuite pour montrer aux résistants que l'on passait d'une période de lutte clandestine à une autre, plus agressive.

Comme à Rueyres, j'ai assisté à la reddition du major général allemand Elster, qui commandait une colonne de 7000 hommes bien équipés et de 16000 hommes des troupes d'occupation, à pied ou à cheval, qui se repliaient de la côte Atlantique pour rejoindre l'Allemagne. Un compagnon anglais, le capitaine Cox, menait la négociation et je suis arrivé en kilt, avec un officier de carrière, le major Sarazin, qui avait été envoyé après la libération de Toulouse. Notre présence en uniforme militaire fut, à son avis, décisive car ils voyaient qu'ils avaient en face d'eux une armée régulière. En effet, la seule condition d'Elster était qu'ils ne soient pas livrés aux FFI.

 

 

 

  A l’issue de leur capitulation, après avoir été désarmés, les quelques 130 prisonniers allemands furent conduits sous escorte au barrage de l’Aigle, où ils furent employés sur le chantier et sous bonne garde, à divers travaux.

Les FFI récupérèrent une centaine de fusils, une dizaine de véhicules dont une cuisine roulante, quatre canons de 20 mm avec leurs tracteurs, ainsi que 10.000 obus. Après avoir pu récupérer des percuteurs, deux canons furent remis en état et mis à la disposition de la compagnie « Saint-André », avec lesquels elle défila dans les rues d’Aurillac le 4 septembre suivant, faisant forte impression. Par la suite, le commandant Decelle regretta l’usage illusoire qu’il fut fait de ces canons. Leur puissance de feu aurait été bien plus utile à Autun, plutôt que de les voir défiler deux fois par jour dans la préfecture du département...

 

            Le 14 août, les troupes allemandes ayant réussi à quitter Aurillac et s’extirper des combats du Lioran, se regroupaient dans la sous-préfecture de Saint-Flour où elles rejoignaient une compagnie du régiment de sécurité installée dans cette ville. La colonne de secours Jesser forte de près de mille hommes et d’une centaine de véhicules dont certains blindés arrivée à leur rencontre, repartait le lendemain pour Clermont-Ferrand. Le 16 août, seuls restaient près d’environ 500 hommes dans cette localité. Le 17 août, les compagnies FFI dont l’ancien maquis « Revanche » commençaient l’investissement de la ville. Le 18 août, les premiers accrochages eurent lieu. Le 19 août, le colonel Mondange, commandant les FFI faisait délivrer un ultimatum aux allemands assiégés. Devant leur refus de se rendre, les groupements FFI Merlat, Thollon, Hoarau, Franoux,

André Decelle
André Decelle

ainsi que le bataillon « Didier » aussi appelé groupement « Decelle », soit probablement bien plus de 1.000 hommes, passaient à l’attaque dans le but de contraindre l’ennemi à capituler. Après plusieurs tentatives de s’échapper, le 24 août au matin, la garnison allemande parvenait à quitter Saint-Flour. Sur son itinéraire de repli, elle était prise à partie par plusieurs compagnies FFI et le commando américain, mais arrivait à forcer le passage et rejoindre la préfecture de région dans le Puy de Dôme. Durant ces combats, les forces de la résistance perdaient un tué, sept blessés, et trois américains du commando furent faits prisonniers.

 

 

  Pourquoi ai-je donc voulu relater ces évènements ? Je souhaitais combler une lacune de l’histoire et rendre justice à ces hommes tombés dans l’oubli. Qui étaient ces américains, dont pratiquement jamais personne ne nous a parlé ? D’où venaient-ils ? Que faisaient-ils parmi les forces clandestines de la résistance française et quel était leur rôle ? Que sont-ils devenus ? Des tas de questions restées sans réponse...

 

 

Major Cardozo
Major Cardozo

Tout le monde a déjà entendu parler des équipes « Jedburgh », des commandos « SAS » ou des groupes « Sussex »? Le commandant MacPherson (Quinine), le Major Cardozo (Benjoin) et le lieutenant Oheix en faisaient partie comme tant d’autres d’ailleurs… Mais qui connaissait ces unités de commandos américains ; les « Opérational Groups » ?

Spécial Air Service (SAS) Régiment          Jeep SAS en Europe, 18 novembre 1944.

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Les équipes « Jedburgh » qui furent près de trois cent et portant des noms de code, avaient pour objectif, à partir de la date du débarquement de Normandie du 6 juin 1944, puis du débarquement de Provence le 15 août 1944, d’équiper, de former et coordonner l’action des maquis en France. Leur effectif en principe de trois hommes pouvait varier. Un officier de renseignement, un adjoint français, et un opérateur radio. Elles étaient constituées aussi bien d’anglais, d’américains et de français. Partant d’Angleterre ou d’Algérie, elles étaient parachutées en peu partout, tant au nord qu’au sud du territoire à libérer. Leur action principale consistait surtout à immobiliser le maximum de troupes nazies loin des côtes des débarquements et s’opposer à leur remonter vers le nord, lors de l’avance des armées alliées.

 

               Provenant des services du SOE britannique, de l’OSS américain ou du BCRA français, les membres de ces équipes agissaient derrière les lignes allemandes en totale clandestinité, rarement en uniforme, avec pour mission d’organiser en contact avec les forces de la résistance, des opérations de sabotage, de guérilla, et de renseignement au profit des troupes d’invasion. Les équipes américaines dont nous allons maintenant parler, ne faisaient pas partie des « Jedburgh ». Troupes parachutistes lourdement armées de mitrailleuses, mortiers et bazookas, elles participaient, toujours en uniforme, aux combats au coude à coude avec les forces de la résistance française. On les appelait « Groupes opérationnels », assorties d’un nom de code qui était propre à chacune d’elles.

Les hommes qui composaient ces groupes étaient recrutés parmi des soldats américains volontaires sachant parler le français. Certains provenaient de l’infanterie, du génie, des transmissions, du corps médical. Leur formation avait été poussée dans le rôle de commandos destinés à la guérilla ; parachutisme, déplacements à skis, corps à corps, destruction à l’explosif, usage de toutes les armes américaines comme étrangères, orientation à la carte, actions de nuit ou amphibies, soins médicaux et exploitation radio, méthodes de survie. Ils devaient être flexibles et polyvalents, pouvant se remplacer les uns les autres a minima. Ces garçons dont la plupart étaient âgés d’une vingtaine d’années étaient destinés à être projetés sur divers théâtres d’opérations tant en Europe qu’ailleurs ; France, Italie, Norvège, Yougoslavie, Grèce, Chine.

Les armées alliées ont tardé à envoyer ces commandos essentiellement américains et fortement armés sur le théâtre des opérations lors du débarquement du 6 juin 44. Jusqu’au 24 juillet, date de la percée du front de Normandie, aucune unité de ce type n’a été parachutée sur l’arrière des lignes ennemies. C’est seulement dans la nuit du 5 au 6 août, qu’un commando a été projeté sur Landivisiau en Bretagne, ceci afin de faciliter l’offensive du Général Patton dans cette région. Dans le courant du mois de juillet, il semble que quatre commandos américains sont largués essentiellement dans le sud de la France. Ces groupes comprenaient dans leur totalité (liste personnels) plusieurs centaines d’hommes. En août principalement, sept équipes partent d’Angleterre, et treize d’Afrique du Nord.

 

 Ces commandos forts d’une dizaine à une trentaine d’hommes, portaient tous des noms de code. D’Algérie, partirent à destination du sol français, les groupes « Emilie » pour le Lot, « Justine » pour le Vercors, « Louise » pour l’Ardèche, « Ruth » pour les Basses-Alpes, « Tapoter » pour le Tarn, « Alice » pour la Drôme, « Cheville » pour l’Aude, « Nancy » pour les Hautes-Alpes, « Betsy » « Lehigh » « Helen » « Lafayette » et « Williams » à nouveau pour l’Ardèche.

On comprend l’effort porté sur le département de l’Ardèche, dont la présence de ces troupes parachutées sur les arrières de l’ennemi avait pour objectif principal de faciliter la remontée des armées alliées dans la vallée du Rhône à l’issue du débarquement de Provence.

 

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 Les groupes ayant décollé de Grande-Bretagne pour rejoindre essentiellement le centre de la France étaient « Percy Red» en Haute Vienne, « Donald » en Bretagne, « Antagoniste » en Haute-Vienne, « Percy Pink » en Dordogne, « Patrick » en Indre, « Christopher » dans le Poitou, « Lindsey » dans le Cantal. Un groupe « Adrian » devait être largué en Côte d’Or, mais la mission fut annulée.

 

                Le bilan à mettre à l’actif de ces soldats d’élite qui se sont battus main dans la main au contact de différents maquis des Forces Françaises de l’Intérieur a pu être estimé à la fin de la guerre ; environ 500 allemands tués, autant de blessés, près de 10.000 prisonniers, 11 lignes à haute tension sabotées sans compter les ponts, 20 routes minées, 3 avions et 3 locomotives détruits et le déraillement de 2 trains. Résultat éloquent de leur engagement aux côtés de leurs camarades maquisards.

Le commando « Percy Red » comptant 18 hommes fut parachuté en deux fois entre le 2 et le 5 août en Haute-Vienne. Il rejoint les maquis de Georges Guingoin et participe à la libération de Limoges le 21 août suivant.

 

                Le commando « Percy Pink » avec 13 hommes arrive au sud de la Dordogne et rejoint les maquis de la région. Il suit les troupes FFI et participe à la libération des villes de Sarlat, Bergerac, Agen, Marmande, Libourne, et entre dans Bordeaux le 28 août.

 

                Les 15 et 16 août, les 25 hommes du groupe « Patrick » sont parachutés dans l’Indre. Ils ont pour mission de protéger le barrage hydroélectrique d’Eguzon de la destruction par les troupes allemandes. Le 20 août ils entrent dans le village d’Eguzon, puis harcèlent les troupes allemandes sur la route reliant Limoges à Orléans, avant d’entrer et défiler dans Châteauroux avec les éléments du maquis. Enfin, le groupe tente d’enrayer la remontée des troupes allemandes qui refluent du Sud-Ouest entre Bordeaux et Poitiers.

 

Philippe Kieffer
Philippe Kieffer

Liste des commandos Kieffer

 

Le 6 juin 1944, 177 soldats français débarquent avec la première vague d’assaut sur Sword Beach, à Colleville Montgomery. Leur objectif est de reprendre le Casino d’Ouistreham, transformé en véritable forteresse par les Allemands, et de rejoindre les troupes de la 6e division aéroportée à Bénouville. Dirigés par Philippe Kieffer, ces hommes seront les seuls soldats français à débarquer en France le Jour J.

 

          

    Pour terminer, l’unité qui nous intéresse « l’Opérational Group Lindsey » est parachutée en deux fois, 5 commandos dans la nuit du 17 et 14 hommes la nuit suivante sur le département du Cantal, dans le massif de la Truyère. Fort de 19 hommes il rejoint les maquis de toutes obédiences stationnés à cheval sur les deux départements du Cantal et de l’Aveyron. Sa mission en liaison avec la résistance, est d’empêcher toute destruction par l’ennemi en retraite, des barrages installés dans la région, sur les cours d’eau de ces deux départements, dont la Truyère et la Dordogne

 

                Malheureusement, le commandant du groupe, le 1er Lieutenant Earle se blesse gravement lors de sa réception et doit être évacué dans un hôpital clandestin du maquis. L’un des gradés, le Technicien Staff Sergeant Klingensmith fracturé à l’épaule ne pourra participer aux actions de son unité. Il y a plusieurs autres blessés mais d’une moindre gravité. Diminuée  de deux combattants, cette petite troupe s’intègre au mieux aux effectifs des maquis présents.

 

                Maintenant passés sous les ordres de l’Officier adjoint, le 1er Lieutenant Larson, le Sergeant Chef De Marey, le Staff Sergeant Van Timmerman, les Technician Staff Sergeants Leone et Page, ainsi que le Sergeant  Picinich, encadrent désormais pour le « baroud » les soldats de 1ère classe Cotnoir et de 2ème classe Aubrey, Barriault, Brule, Henson, Lachance, Mac Namara, Muza, Roy, Schnall, Simard.

 

                Immédiatement, aux côtés des forces du maquis, le commando « Lindsey » est engagé dans l’action en participant à l’encerclement et à la reddition de la garnison du poste électrique de Rueyres que nous avons évoqué plus haut. Le 20 août, l’officier suppléant commandant le groupe participe aux négociations engagées pour la capitulation de ces allemands, tels que les témoignages nous ont été rapportés.

 

 Sir Thomas Macpherson,

né le 4 octobre 1920,

décédé le 6 novembre 2014

 

 Tommy Macpherson était un guerrier-héros exceptionnel, reconnu par les experts comme l'un des soldats britanniques les plus courageux, les plus déterminés et les plus ingénieux de la Seconde Guerre mondiale.

L’un de ses exploits les plus incroyables est peut-être de diriger un quartier général allemand en retraite, sous le feu, dans une ambulance et, en grand costume celtique, de convaincre le général Botho Henning Elster de livrer 23 000 hommes et

1 000 véhicules aux forces alliées qu’il prétendait avoir. commander.

                                                                               les exploits extraordinaires.

                                                                              de Sir Thomas Macpherson

                                                                                   A lire absolument

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  Entre le 21 et le 22 août, le groupe « Lindsey » est à Mauriac. Il est fort probable que ces hommes se sont assurés après un transport sur les lieux du chantier de l’Aigle, que le barrage était entre de bonnes mains avec le bataillon « Didier », et que la protection de cet ouvrage n’avait rien à craindre d’un ennemi maintenant en fuite. Avant Néronne, la ville de Mauriac était d’ailleurs le siège de l’état-major du bataillon installé à l’hôpital. Arrivés avec des éléments du bataillon, c’est à l’occasion de leur bref séjour dans cette ville, qu’une cérémonie a été organisée par les autorités administratives et militaires devant le monument aux morts, cérémonie déroulée en présence de la population et en l’honneur de ces militaires américains, libérateurs du pays. Ces trois photos découvertes dans les archives du Cantal que je communique à notre association « l’Amicale des Compagnons de l’Aigle sur Dordogne » témoignent de leur courage et de leur engagement.

      

Enfin, à partir du 23 et le 24 août, on retrouve ces hommes valeureux auprès de leurs camarades de la résistance, le bataillon « Didier » en particulier qu’ils ont dû accompagner depuis Mauriac, faisant le coup de feu contre la garnison allemande quittant Saint-Flour. C’est au mortier et à la mitrailleuse, sous les ordres du Commandant Cardozo, alors qu’ils se portent au secours de la compagnie Bapt, accrochée par l’ennemi, que les commandos US engagent les premiers éléments de la compagnie de sécurité allemande en repli. C’est lors de ces combats, que trois d’entre eux sont faits prisonniers et l’un blessé à la jambe devant abandonner son unité, le soldat Roy.

 

                Selon certains témoignages, ces trois hommes, Leone, Muza et Aubrey auraient été vus détenus mais bien traités à Clermont-Ferrand. Ils auraient été emmenés avec la garnison allemande quittant la ville le 27 août. Toujours est-il que le lendemain 28 août, le reste du commando réduit à 13 hommes entre dans Clermont-Ferrand libéré et défile au sein des compagnies FFI.

 

                Le 29 août, le groupe toujours sous les ordres de « Benjoin », s’articulant avec une compagnie de soldats marocains de la 1ère Armée Française entre dans Riom. Ils attaquent un campement allemand, mais à l’issue de plusieurs heures de combat infructueux, doivent se replier devant la supériorité numérique de l’adversaire, parvenant à faire néanmoins quelques prisonniers.

 

                Le 30 août à Decize, ils poursuivent une colonne allemande en retraite. Celle-ci prend la fuite, abandonnant véhicules et matériels, et laissant sur place plusieurs tués et une vingtaine de prisonniers. Poursuivant leur marche en avant, durant plusieurs jours, Marocains et Américains tendent embuscades sur embuscades aux colonnes ennemies qui refluent du Sud-Ouest. Il y a de nombreux tués et blessés dans les rangs  de celles-ci. Ils obtiennent la reddition d’un officier allemand commandant un hôpital de campagne en déroute avec tout son effectif et ses blessés.

 

             Vers la mi-septembre, le groupe réduit à une dizaine d’hommes atteint le territoire de Belfort, où il est enfin dissocié de l’unité Marocaine. La plupart des conditions de leur mission ayant été remplie, ils quittent la zone des combats et rejoignent la capitale le 18 septembre suivant. Ce fut pour cette unité à la pointe du combat, une réussite totale dans l’accomplissement des tâches qui lui avaient été confiées. A la fin du mois de septembre, le groupe opérationnel « Lindsey » est dissous et rejoint l’Angleterre. Certains de ses membres rejoignent leur unité d’affectation d’origine, d’autres sont renvoyés en Italie ou en Norvège dans des groupes déjà en opération, quelques uns enfin regagnent les États-Unis, puis reçoivent une formation complémentaire avant d’être dirigés vers l’Extrême-Orient. Grande est la surprise d’apprendre à posteriori que pour former ces groupes de commandos, on a recruté principalement des volontaires parlant français pour certains dans des services, corps de soutien et de logistique de l’US Army. Ces garçons provenaient pour la plupart du personnel enseignant, des quartier-maître, du génie, des unités de  fournitures, des unités de télécommunications, des unités médicales. C’est difficile à imaginer et cela est pourtant la vérité, ces garçons valeureux ne provenaient absolument pas des unités de combat engagées sur les différents fronts d’Europe ou d’Asie.

A nous de ne pas oublier ces hommes qui se sont battus pour une cause noble, la Liberté d’un pays enchaîné vivant sous la tyrannie. Nous savons maintenant précisément qui étaient ces fils de « l’Oncle Sam », venus de par delà l’océan défaire nos chaînes de l’oppression.

 

 

Reconnaissance et gratitude envers ces hommes d’un grand  courage tirés du confort de leur nation dans leur emploi protégé, et projetés dans un monde en folie, dans un pays en guerre qu’ils ne connaissent pas, dont ils ignorent la langue et les coutumes, conscients des risques qu’ils prennent et des dangers immenses qu’ils encourent. Ils méritent tous les hommages que nous puissions leur rendre pour que cette page d’histoire qui leur appartient, et qu’ils ont partagé durant quelques jours avec leurs camarades « frères d’armes » du bataillon « Didier », ne tombe pas dans l’oubli.

 

 

 

  Comme il est dit dans une chanson bien connue :

 

« Si les Ricains n’étaient pas là, nous serions tous en Germany...

Un gars venu de Georgie Qui se foutait pas mal de toi Est v'nu mourir en Normandie Un matin où tu n'y étais pas »

 

                Merci à eux Ne les oublions pas !

 

La paix entraîne une réduction drastique des effectifs de l’armée britannique, et le SAS est dorénavant considéré comme superflu. En octobre 1945, quatre ans après sa création, le SAS est dissous.

 

Mais le SAS n’est pas près à mourir, Brian Franks qui a succédé à Bill Stirling à la tête du 2e SAS et dont les hommes continuent officieusement de traquer les meurtriers de leurs camarades, mènent campagne pour sauver le régiment.
C’est essentiellement grâce à lui que l’unité de combat d’élite renaît.
Tout d’abord comme unité de l’armée territoriale, répondant au nom de 21
e SAS les As du fusil.
Cela a suffi à garder intacte la flamme et d'utiliser cette troupe d'élite quand le besoin s’en est fait sentir car le SAS était prêt.

 

major David Stirling
major David Stirling

 

« Eux regardent le ciel sans pâlir

et la terre sans rougir » 

 

: c’est par ces mots que, le 6 juin 1953,

le général de Gaulle achevait un hommage aux parachutistes de la France Libre, pour leur exceptionnelle contribution à la Libération. Regroupés dès septembre 1940 au sein de la 1re compagnie d’infanterie de l’air du capitaine Bergé, les premiers volontaires passent leur brevet de parachutiste puis sont formés aux techniques commando en Angleterre. Ils mènent leurs premières missions en France occupée en 1941 puis rejoignent la base de Kabrit en Egypte, sur les bords du Nil pour y intégrer une toute nouvelle unité créée et commandée par le major David Stirling : le Special Air Service ou SAS, dont la devise est Who dares wins. ( Qui ose gagne )

 

 

Sources 

-  Archives départementales du Cantal, fonds Eugène Martres.

-  Wikipédia, les équipes Jedburgh.

-  Oss-or.org./France, the Operational Groups.

-  Témoignage Emmet F. Mac Namara, Souvenirs personnels.

-  L’aigle sur Dordogne, Jean-Louis Salat, ACAD Chalvignac.

-  Maquis et Maquisards, Stéphane Simonet, Belin Littératures.

-  A nous Auvergne, Gilles Lévy, Presses de la Cité.

-  Chouette, Noisette et Luzettes, Manuel Rispal, Editions Autrefois.

 

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