Articles de Presse

Journal La Montagne le 13/02/2015

Journal La Montagne 20/09/2013 Article Yveline DAVID

Comme chaque année, les membres de l'Amicale des anciens du barrage de l'Aigle et de ses maquis se sont retrouvés pour commémorer la mémoire des anciens résistants.

Les élèves de l'école se sont joints à eux, sur la crête du barrage pour déposer une gerbe à la stèle. Après la traditionnelle minute de recueillement, les enfants ont entonné « La Marseillaise », devant un auditoire attentif et ému. Le lendemain matin, la chapelle d'Aynes, ouverte pour l'occasion, recevait l'abbé Faintrenie venu célébrer la messe. C'est avec tristesse que l'assemblée a pu remarquer à quel point, ces dernières années, les rangs des anciens résistants s'étaient clairsemés puisque seul Yves Pouget, âgé de 90 ans, avait fait le trajet depuis Montpellier pour assister à la cérémonie. La cérémonie s'est achevée avec un dépôt de gerbe au monument aux morts, en présence de Bruno Primout, directeur du groupement d'usines de l'Aigle.

Journal La Montagne 11/09/2013 Article Hubert FRAYSSE

Souvenir. L'amicale des Compagnons de l'Aigle sur Dordogne fait tous les ans le périple du souvenir en hommage aux combattants de la résistance au barrage de l'Aigle. Dépôt de gerbe à la stèle du barrage, messe à Aynes et cérémonie au monument aux morts au pied du barrage, à Chalvignac. Enfin rassemblement au monument aux morts de Soursac. Les anciens combattants de Mauriac, Chalvignac et Soursac étaient nombreux. À noter la fidèle présence de Mme Decelle, veuve d'André Decelle ; constructeur du barrage de l'Aigle avec André Coyne, il a pris une part très importante dans la résistance sous le nom de commandant Didier. Son fils était également présent aux cérémonies.

Journal La Montagne 23/06/2013 Article Yveline DAVID

En 1952, la mise en eau du barrage de Chastang a entraîné la disparition du village de La Ferrière.

Les couleurs du passé de La Ferrière

Le village n'est pas noyé mais il n'existe plus », lance Ginette Aubert, amère. Lorsqu'elle retourne sur les rives qui ont constitué le décor de son enfance, elle ne tarde pas à s'échapper. Son regard s'éloigne, se perd et se voile, sur des images qui n'appartiennent qu'à elle.

Puis, elle se reprend et raconte sa Ferrière. Elle montre le chemin qui s'engage, cent mètres avant le restaurant, vers l'ancienne route qui traversait le village. Elle localise les douze maisons qui bordaient la rive gauche de la rivière et énumère leurs propriétaires. Elle insiste sur la douceur d'un climat exceptionnel et le bonheur paisible d'une vie insouciante. Et puis, vient le moment où Ginette Aubert évoque sa famille qu'elle qualifie de remarquable, ce que l'on croit aisément tant ses propos révèlent d'attachement filial.

Un soir de 1950,
le dernier verre servi au comptoir…

Tout commence avec son grand-père, Paul Rivière, originaire de Pleaux et issu d'une famille de chaudronniers. « Très fort, très beau […] avec son grand chapeau, ses moustaches lissées […] et ses yeux… d'une limpidité ! » Auprès de lui, Marie-Louise Bayle, d'Aynes, qu'il a épousée en 1912. Après la guerre de 1914, il exploite du bois, au Pestre. Le couple a deux filles : Yvonne, née en 1913 et Denise, en 1918.

L'aînée fréquente l'école de Spontour et ses trajets quotidiens lui font traverser La Ferrière où une petite maison, au bord de l'eau, éveille ses rêves. « Que j'aimerais habiter là », pense-t-elle souvent.

Son v'u devient réalité en 1930. Marie-Louise, fine cuisinière, veut ouvrir un restaurant. Ça sera « A la bonne friture » qui, très vite, connaît le succès grâce aux matelotes d'anguilles et autres fritures de goujons que concocte la patronne. Dix chambres et quelques tonnelles admirablement placées au bord de l'eau fidélisent une clientèle qui va grandir au rythme de la construction de l'Aigle.



En 1933, Yvonne épouse Clément Aubert, cantonnier à Soursac, homme des eaux et des bois et infatigable pêcheur. Le couple s'installe, lui aussi, à La Ferrière, dans une maison dite « Chez Micoulette » et une petite Ginette voit le jour en septembre 1934.

Elle ira à l'école d'Aynes et garde un souvenir ému de son instituteur, M. Gaillard. Aynes où vit une population nombreuse et disparate, attirée par le chantier du barrage. « Dans ma classe, nous étions quarante petits diables, tous couverts de poux », dira-t-elle plus tard.

Retour à la source

Avant même la mise en eau de l'Aigle, des bruits circulent sur le Chastang mais personne n'y croit trop. « C'est loin, quelque chose comme 30 kilomètres en aval. Que l'eau monte jusqu'ici ? Vous n'y pensez pas ! » Et pourtant…

Les travaux commencent en 1947. La Ferrière ne sera pas noyée mais détruite pour que les habitants ne soient pas tentés d'y rester. Alors, un soir de 1950, il y a le dernier verre servi au comptoir, la dernière friture et le dernier feu au cantou avant que le silence n'envahisse le restaurant. Le village se vide et attend.

La jeune Ginette retourne errer dans sa rue et dans sa maison. Elle remonte dans son grenier pour y retrouver, encore un peu, des sensations et souvenirs qu'elle sait devoir perdre. Ses grands-parents sont remontés sur le plateau. Son père a été embauché au barrage et dispose d'une maison dans la cité EDF d'Aynes. La Ferrière disparaît, la nouvelle route de Spontour passe précisément là où se trouvaient les maisons.

Yveline David

Journal La Montagne 18/06/2013 Article YvelIne DAVID

Dans le cadre des contrôles obligatoires et réglementaires sur les barrages, les évacuateurs de crue ont été testés la semaine dernière. Un spectacle étonnant et grandiose.

Le barrage de l'Aigle se porte bien

Les curieux n'hésitaient pas à s'arrêter, sur les bords de la sinueuse route de Spontour, vendredi matin. Il faut dire que le spectacle était, à tout le moins, surprenant.

Comme tous les ans en effet, les agents du groupement d'usines de l'Aigle procédaient aux tests d'ouverture des vannes, répondant ainsi aux directives de la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement).

« Cette opération valide, en réel, le travail de maintenance effectué tout au long de l'année », explique Bruno Primout, directeur de l'usine EDF. Nul n'est besoin de rappeler que le géant de béton, mis en eau en 1945, fait l'objet d'une surveillance constante et minutieuse.

Deux vannes lâchent chacune 2.000 m ³ d'eau à la seconde

Ainsi, l'ensemble est ausculté deux fois par mois sur la base d'environ quatre-vingts points de mesure. Des précautions qui s'ajoutent à celles directement liées à la conception de l'édifice qui porte, au c'ur même du béton qui le compose, des instruments de mesure de pression et de débit.

Le principe des évacuateurs de crue, imaginé par André Coyne, est commun à plusieurs barrages construits sur la Dordogne. Il permet, lorsque le niveau de la retenue devient trop haut, d'en vidanger rapidement une partie. Rapidement est bien le mot qui convient et Bruno Primout explique : « Le barrage de l'Aigle possède deux déversoirs appelés sauts à ski à cause de leur forme. Chacun est équipé de deux vannes qui, ouvertes, lâchent chacune 2.000 m ³ d'eau à la seconde. » Pour faciliter la compréhension, Carole Stefanutti, chargée de communication à EDF, aime résumer avec une comparaison : « Il faut 3.000 m ³ d'eau pour remplir une piscine olympique ! »

La forme même des sauts à ski est parfaitement étudiée, puisque lorsque les quatre vannes sont ouvertes au maximum, les jets d'eau se rejoignent pour être projetés à plus de 50 mètres, dans l'étroite gorge de la Dordogne. « Cette forme spécifique casse l'énergie de l'eau », ajoute le directeur.

Dans la pratique, les vannes n'ont été ouvertes que partiellement vendredi, d'environ 5 %, ce qui représentait « seulement » une évacuation de 200 m ³ à la seconde. Une « paille » pourrait-on dire qui n'a nullement affecté le niveau de la retenue, contenant quelque 220 millions de m ³.

Un niveau considéré comme tout à fait satisfaisant cette année. « La pluviométrie que nous avons connue ces derniers mois a été telle que nous n'avons pas eu d'inquiétude », souligne Bruno Primout. Un état de fait qui a permis à l'usine d'assurer une production d'énergie élevée et nécessaire, au regard des températures très basses qui ont caractérisé le triste printemps 2013.

Visites guidées

Le barrage de l'Aigle étant indiscutablement un lieu de promenade très prisé par le public, EDF renouvelle cette année les visites guidées qui avaient connu un franc succès l'été dernier. Laura Makiello reprend la tête des groupes pour expliquer la construction du géant mais également sa riche histoire d'hommes et de Résistance.

Et, si le passage dans l'usine semble court aux visiteurs, Bruno Primout s'en excuse en indiquant : « C'est un site industriel où des gens travaillent en permanence. »

è Pratique. Renseignements pour
les visites auprès de l'Office de tourisme
de Mauriac au 04.71.68.19.87.

Yveline David

Journal La Montagne 02/06/2013 Article YvelIne DAVID

Maryse Bonnet témoigne d’une enfance passée sur les bords de la Dordogne, rythmée par son chant, dans la douceur d’un climat exceptionnel.

Un site à l'image des villages noyés

Non, le village d'Aynes n'est pas englouti. Non, l'architecture de ses maisons ne ressemble pas à celle des villages noyés. Pourtant, Aynes est un site peut-être unique, qui allie les bords de la Dordogne et la construction par EDF d'habitations en pierres, lui donnant son aspect tellement attachant.

Non, Maryse Bonnet n'est pas née dans l'un des villages engloutis dont nous parlons depuis plusieurs semaines. Mais elle a vu le jour dans ce petit bourg, après que ses parents et grands-parents ont dû quitter Nauzenac ( lire notre édition du 12 mai).

« À Aynes, quand elle passe à travers les pierres, la Dordogne chante », confie sa mère, Simone Bonnet. Il est vrai que, sur ces rives, la rivière reprend son apparence d'antan. Serait-elle donc à nouveau vivante, comme dans le souvenir de ceux qui l'ont connue indomptée ?

« Nous vivions
en toute liberté »

Maryse Bonnet naît le 22 avril 1952, d'ans l'hôtel-restaurant qu'exploitent ses parents. Sa grand-mère Marie-Louise et son oncle François Moreau, expropriés de Nauzenac, vivent en face, côté Corrèze, à La Grafouillère.

Dès sa plus tendre enfance, elle entend parler du passé familial, de la douceur de vivre à Nauzenac et de la beauté des paysages. Son attachement à la rivière grandit avec elle et la possède encore aujourd'hui.

Il fait bon vivre à Aynes. La vingtaine de maisons EDF est occupée par les agents du barrage. Une ribambelle d'enfants animent l'école, les rues et les berges. Le restaurant familial ne désemplit pas, une épicerie et un boulanger ambulant assurent une agitation joyeuse et pleine de charme.

« Nous vivions en toute liberté, se souvient Maryse. Cette période d'après-guerre était faste et insouciante. » Le rythme de la nature domine cette existence. Les jeux dans la forêt alternent avec la cueillette des fruits et des fleurs qui poussent à profusion : jonquilles, violettes, menthe sauvage et genêts parfument l'atmosphère et le micro-climat favorise des jardins luxuriants.

La Dordogne, les enfants s'y baignent sans souci et, quand elle est basse, ils vont taquiner les anguilles tapies sous les pierres. Des menus plaisirs se transforment en aventure comme aller chaque soir, en groupe, chercher le lait dans un barlettou (petit bidon à main) à la ferme Chavepert, au bout du village.

Après avoir suivi tout son cycle de primaire sous l'enseignement de l'excellente Germaine Thérizols, Maryse remonte à Mauriac en 1962, suivie un an après par ses parents. Elle s'adapte, soit, mais ne peut rester longtemps loin de sa chère rivière.

Pêche, pique-niques
ou balades

Fédératrice s'il en est, elle y entraîne ses amis pour des parties de pêche, des pique-niques ou des balades jusqu'à Spontour sur le bateau de l'oncle François. Et, lorsqu'elle se marie avec René, vingt ans jour pour jour après ses parents, elle le fait à Aynes, sous autorisation spéciale de Mgr Séjourné, évêque de Saint-Flour.

Si elle n'a pas vécu à Nauzenac, Maryse a pourtant toujours eu le sentiment de connaître le village, tant sa mère et sa grand-mère l'ont évoqué pour elle.

Lorsqu'elle s'y rend pour la première fois, au cours d'une vidange de la retenue, c'est comme une révélation. « L'image que j'ai enfin eue a complété celles dessinées toute mon enfance par ma famille. »

Yveline David

Journal La Montagne 26/05/2013 Article YvelIne DAVID

A 93 ans, Alphonsine Faintrenie se souvient de son cher village, le Roffy, situé à 6 kilomètres en aval de Spontour et noyé sous la retenue du barrage de Chastang.

« Je voudrais revoir mon Roffy chéri »

«Le Roffy, on peut pas en dire bien loin » lance Alphonsine Faintrenie. Et pourtant, quand elle commence à évoquer le cadre de son enfance, elle semble inépuisable et, de sa voix douce et chantante, elle égrène les souvenirs intacts qui envahissent sa mémoire.

Elle naît avec le printemps, le 21 mars 1920, dans la maison que possède sa grand-mère, au Roffy. « Cette maison, elle l'avait achetée au tribunal. Elle avait appartenu à un certain Rey. Alors après, les gens ont appelé ma grand-mère puis ma mère "La Reyne" ! » Un surnom qui n'a pas suivi la petite Alphonsine que l'on nommait avec humour « La princesse ».

Ses parents s'installent à leur tour au Roffy, dans une ferme qu'ils ont acquise. Ils y auront six enfants. La vie s'organise et, si le climat est doux, les journées de travail sont rudes avec quelques vaches, veaux de lait destinés à la vente, cochons, fruits, légumes, châtaignes et noix qui sont, tout au long de la Dordogne, les richesses habituelles des riverains. La pêche, bien sûr, fait aussi partie du quotidien.

« Mon père avait un bateau. Souvent, la nuit, quand l'eau était " grande ", ma mère l'accompagnait pour attraper les poissons. » Le fruit de ces virées nocturnes est généreux : anguilles, truites, ablettes, chevaines et vandoises (que les pêcheurs appellent assaies). La retraitée se souvient : « Chaque année, invariablement les 18 et 19 mars, les assaies frayaient dans la Luzège. Les pêcheurs de Spontour descendaient pour l'occasion ». Et d'organiser des parties de pêche frénétiques, dans des conditions souvent glaciales.

« L'eau était très froide, poursuit Alphonsine Faintrenie. Ils y entraient jusqu'aux hanches ». On allumait alors des feux sur les rives, où les hommes venaient se réconforter en buvant du vin chaud.

Au Roffy, il n'y a que quatre ou cinq maisons et pas de commerce. Il faut se rendre au Chambon, à 3,5 kilomètres, pour trouver cafés et école. C'est là qu'Alphonsine passe son certificat d'études, en 1932. La suite de sa jeunesse se déroulera à la ferme et elle reconnaît n'avoir jamais eu le temps de jouer. « Je ne me suis pas bien amusée… On me trouvait toujours du travail à faire et j'étais toujours disponible ».

S'occuper de la fratrie, soigner les bêtes, cueillir les fruits étaient un quotidien dont elle parle avec douceur et mélancolie. À 13 ans, la toute jeune fille s'occupe aussi d'aller vendre les produits qui apportent un complément de revenus dont la famille a besoin. À pied, elle va à Auriac, à Reilhac-Xaintrie, grimpant inlassablement les côtes. Pour ses 17 ans, son frère Gaston lui offre un vélo. « Quelle surprise et quel bonheur ! ».

À l'heure des expropriations, la jeune fille est mariée et vit à Selves d'Auriac. En 1950, ses parents quittent le village pour s'installer à La Bouldoire. « Ils ont supporté car ils n'étaient pas trop loin de l'eau ». Son frère Raymond ferme définitivement les portes de la maison familiale l'année suivante.

Alphonsine Faintrenie est retournée dans son village pendant la vidange de 1984. « J'y suis allée ramasser des galets. Ça n'avait pas trop changé. Ça n'était pas lugubre ». Une impression effacée en 2005 et pourtant… La vieille dame espère toujours une prochaine vidange. « C'est ça que j'attends avant mon décès. Je voudrais revoir mon Roffy chéri… »

Yveline David

Journal La Montagne 05/05/2013 Article YvelIne DAVID

Expropriée lors de la mise en eau du barrage de l’Aigle, la famille de Rolande Lamarche est venue s’installer à Mauriac. Souvenirs.

Saint-Projet noyé entre deux terres

Lorsqu'elle parle, de sa voix douce et flûtée, de la rivière, elle n'hésite pas à évoquer « sa » Dordogne. Comment pourrait-il en être autrement ? Elle naît en 1935 à Saint-Projet-le-Désert, village séparé par le cours de l'eau, moitié en Cantal, moitié en Corrèze. C'est sur la partie Cantal que les siens sont installés, seuls habitants de cette rive, propriétaires d'un restaurant à l'enseigne de « Raymond Aubergiste », de deux maisons et d'une grange. « Mon arrière-grand-mère tenait déjà l'affaire, se souvient Rolande Lamarche. C'était un ancien relais de poste ».

De l'autre coté du pont, plusieurs familles demeurent : les Bordes, marchands de bois, les Reversac, entrepreneur en travaux publics ou les Ternat, pêcheurs possédant un vivier qui approvisionne l'auberge. Et puis, il y a le couvent, restauré après 1872 par le père Serres et qui abrite la maison mère et le noviciat des Petites s'urs des malades. « Elles tenaient le rôle de médecin, surtout s'ur Saint-Maurice » se souvient la retraitée. Rien de plus normal puisque la congrégation avait pour mission première d'être garde-malades.

C'est la fin d'un monde…

Alors que le barrage s'élève au rocher de l'Aigle, des ingénieurs investissent Saint-Projet pour y construire le pont suspendu que l'on connaît aujourd'hui. De fait, l'ancien sera prochainement englouti sous la retenue. « J'ai vu tendre le premier câble, ajoute Rolande Lamarche. Des baraquements avaient été construits sur la rive et il y avait de l'animation dans le village ». Des étrangers, essentiellement, les hommes du cru ayant été mobilisés en 1939.

L'année suivante, la débâcle lance un grand nombre de français sur les routes et la petite fille, de 5 ans alors, en retire sans doute l'un de ses premiers souvenirs d'enfant. « Tous ces gens qui traversaient le pont avec des carrioles ou des voitures. C'était tellement triste. On a donné tout ce qu'on a pu ».

Il n'y a pas d'école à Saint-Projet et c'est chez sa grand-mère paternelle, à la Forestie qu'elle vit le plus souvent, fréquentant l'école de Bellaurides et ne rentrant chez elle que pour les vacances. La Dordogne lui manque, son doux murmure, ses rives ornées de pommiers, de cerisiers et de châtaigniers mais aussi et surtout les femmes qui constituent sa famille : la mère, la grand-mère et l'arrière-grand-mère. « C'était un si beau village et nous y étions heureuses ». Un bonheur pourtant condamné à court terme.

La vie commence à changer quand, en septembre 1943, les Petites s'urs quittent le couvent pour s'installer aux Vaysses, à Mauriac. « Ça a enlevé beaucoup de monde d'un coup » déplore la retraitée. Mais le glas de Saint-Projet sonne vraiment en décembre 1944. « Sur la Rhue, le barrage de Coindre a subi une crue et a relâché sur Marèges, explique Rolande Lamarche. Marèges a eu peur et a lâché sur l'Aigle ». Ce dernier, inachevé, ne peut jouer son rôle et, pendant deux jours, l'eau monte, submergeant Saint-Projet et obligeant ses habitants à une retraite salvatrice. C'est la fin d'un monde. Les flots retirés laissent le village exsangue et les maisons inhabitables. « Personne n'a plus jamais vécu à Saint-Projet » regrette la vieille dame. Et son père, à son retour de captivité en août 1945, découvre un paysage de désolation. La petite population du village n'aura pas eu le temps de profiter des derniers flots de la Dordogne.

Yveline David

Journal La Montagne 28/04/2013 Article YvelIne DAVID

A 94 ans, Simone Gaillard conserve la mémoire de son enfance et de sa jeunesse, sur les rives de la « rivière espérance ».

Spontour d'antan, au fil des souvenirs

«La vie était dure, c'est sûr. Les gens vivaient de la pêche et du jardinage », se souvient Simone Gaillard, institutrice à la retraite. Et pourtant, lorsqu'elle évoque Spontour, ses yeux brillent d'une lueur émue et nostalgique.

Elle naît en 1919, au bord de la Dordogne, où ses grands-parents se sont installés à la fin du XIX e siècle. Après avoir été cantonnier, l'aïeul achète un moulin qu'il laissera plus tard à son fils. « Ce moulin avait appartenu à la famille Chamfeuil, qui possédait un château à Spontour et l'abbaye de Valette », précise-t-elle.

Un jardin prodigue…
avant l'expropriation

La richesse n'est pas la caractéristique prédominante des habitants, mais la population est plutôt dense. « Il y avait beaucoup de familles avec six ou sept enfants ». Des chiffres qui permettaient au village de disposer d'une école avec deux classes. Et si l'argent ne coule pas à flot, la vie est pourtant douce. Chacun possède une ou plusieurs chèvres, parfois un cochon et, surtout, un jardin qui alimente le foyer. Celui des parents de Simone Gaillard lui laisse des souvenirs magiques. « Il y avait 300 pêchers, 50 pommiers et 60 poiriers », énumère-t-elle. Un inventaire effectué en 1951, quand la famille est expropriée.

La vie est rythmée par le cours de la rivière qui fournit poisson à volonté. Nul besoin de surveiller les enfants. Quand ils ne sont pas à l'école, ils aident leurs parents. « On soignait les poules, on cherchait les poussins et on cueillait les fruits », ajoute l'institutrice retraitée. Et puis, la rivière offre son lot d'activités et de jeux. Observation des poissons, pêche à la main, confection de petits filets et nage occupent les loisirs. « J'ai appris à nager à 5 ans, dans le petit canal près du moulin », poursuit-elle.

Un atout que ne possédaient pourtant pas tous les riverains et qui ramène à la vieille dame un souvenir amusé. « Avant les ponts, on faisait traverser les bêtes sur des bateaux à fond plat. Ma mère et ma tante ne savaient pas nager et quand elles menaient les bêtes, ma grand-mère leur disait : "si vous coulez, vous tenez la queue de la vache. Les vaches savent nager" ». La vie commence à changer en 1935, avec le début du chantier de l'Aigle. « Dans chaque famille, il y a eu un ou plusieurs hommes qui sont allés y travailler. Tout le monde était content. » Contents au point de ne pas imaginer qu'après l'Aigle viendrait le Chastang. « On pensait que c'était lointain. On n'y croyait pas. »

Le choc du moulin
familial dynamité

Lorsqu'en 1951, les ingénieurs commencent leurs visites pour annoncer les expropriations, Simone Gaillard enseigne à l'école d'Aynes. Le choc, elle le reçoit quand le moulin de son père est détruit. « Ils s'y sont repris à trois fois pour le dynamiter. Mon père y assistait. Quand il est rentré à la maison, il s'est assis, blême et il a pleuré. Il venait de prendre conscience. Le moulin était comme son enfant… C'est vivant un moulin… »

Il a fallu du temps pour que le remplissage de la retenue devienne une réalité. « C'est monté petit à petit. Au départ, la Dordogne semblait juste être en crue ». Aujourd'hui, la retraitée laisse parler son c'ur et confie son amertume. « La rivière était vivante. Je n'aime pas ce lac et son eau qui semble morte. C'était si beau avant. Je n'ai pas pu m'y habituer, car trop d'images me reviennent et le bonheur simple que j'ai connu est bel et bien noyé sous le lac. »

France 3 Limousin 20/04/2013

 

Page Ginette AUBERT        Page Film Lumière d'été     

« Lumière d’été » est sorti en 1943 sur les écrans français pendant l’occupation. Des acteurs comme Pierre Brasseur, Madeleine Renaud, Madeleine Robinson faisaient alors partie de la distribution. Le film est une satire sociale, qui a bien failli être censuré par Vichy.
Le barrage de l'Aigle, constituait pour Jean Grémillon un décor idéal à cette époque où la France était occupée. Ce barrage fut surnommé le

"barrage de la Résistance"

car il servait de refuge aux maquisards. A l'époque de sa construction, les ouvriers étaient des réfractaires au S.T.O., des républicains espagnols, des marocains, des polonais. Voici un extrait du film "Lumière d'été" (épisode du sauvetage):

Courant mai, l'équipe de tournage du documentaire sur le film "Lumière d'Eté" sera sur place à Soursac, en Corrèze, pour réaliser des interviewes au pied du barrage de l'Aigle. Ginette Aubert, auteur de "La Vallée enluminée" avait tout juste huit ans lorsque Jean Grémillon a planté ses caméras devant ses yeux de petite fille et elle témoignera dans le documentaire...

Journal La Montagne du 18/04/2013

La maison de la presse a reçu Jean-Louis Prud'Homme pour une séance de dédicaces de son dernier roman, L'inconnu du Mont Mouchet.

Histoire de guerre, de combat, de résistance et d'aventure, avec l'amour en filigrane. Voyage dans le Cantal des années 1930 à 1940, peinture de m'urs et rencontre avec les habitants de l'époque, du Front populaire au débarquement.

L'héroïne de ce roman, partant de la vallée de Mandailles, séjournera à Aurillac, fera un détour par le Barcelone des anarchistes espagnols, y rencontrera l'amour et poursuivra son chemin de Saint-Flour à Mauriac jusqu'au barrage de l'Aigle.

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Journal La Montagne 25/02/2013 article Hubert FRAYSSE

Voir reportage sur Altéro BETTI

Initialement le sujet de l'émission devait être le Viaduc des Rochers Noirs et la gorge de la Luzège, mais l'équipe de TV Capsudouest n'a pu filmer pour des raisons techniques. Alors Roger Fraysse, président d'ASTTRE 19, leur a suggéré la vallée de la Dordogne, Spontour, le barrage de l'Aigle, et leur a proposé comme guide Altéro Betti. Ce dernier toujours sur le pont de Spontour, quand il s'agit de parler de sa vallée et de son cher village, a bien joué son rôle. Un entretien sera même inclus dans le reportage.

Ce troubadour spontournois, le doyen des accordéonistes, bientôt 93 ans, a surpris ses interlocuteurs par sa vivacité d'esprit, sa mémoire et son aisance.

Sur France 3, samedi prochain

Ce reportage, réalisé fin septembre 2012 et intitulé Les gorges de la Dordogne, nous promet des vues aériennes assez exceptionnelles. L'émission Capsudouest passera simultanément sur France 3 Limousin, France 3 Aquitaine, France 3 Midi-Pyrénées et France 3 Languedoc-Roussillon, samedi 2 mars, à 16 h 20

Journal La Montagne le 25/02/2013 article Yveline DAVID

Succédant à Arnaud Courbier en poste pendant trois ans, Bruno Primout dirige désormais le groupement d'usines hydroélectriques de l'Aigle, à Chalvignac.

Responsable d'un lieu chargé d'histoire

Entré à EDF en 1990, le nouveau directeur de l'Aigle a voué sa vie à l'énergie et à l'hydroélectricité. Un choix qu'il explique.

Quelles sont vos origines ? Je suis né à Lourdes. Mon père était agent EDF et travaillait dans l'hydroélectricité. Je pense avoir toujours eu de l'attirance pour ce métier.

Quel parcours avez-vous suivi ? Je possède un DUT en mesures physiques. J'ai travaillé à Lyon pendant quatre ans et demi, sur la mesure des fuites en centrale nucléaire. J'ai ensuite intégré l'hydroélectricité en 1994, dans les Pyrénées, dans un site perché à 1.400 mètres d'altitude.

Comment êtes vous arrivé à l'Aigle ? Ces trois dernières années, j'étais responsable du groupement d'usines de Ferrières, dans la vallée de l'Ariège. J'avais évoqué ma disponibilité pour aller sur un autre type d'aménagement hydroélectrique. Le départ d'Arnaud Courbier a été, en quelque sorte, une opportunité.

Quelles sont vos premières impressions concernant ce site ? C'est un ouvrage magnifique, très précurseur grâce aux évacuateurs de crue que l'on doit à André Coyne. Par ailleurs, ce lieu est chargé d'histoire. C'est très impressionnant.

Comment l'avez-vous découvert ? Dans les meilleures conditions possibles puisque j'ai assisté à l'inauguration des Ailes de la Mémoire, en septembre dernier. J'ai immédiatement pris conscience de l'attachement que suscite le barrage. Il existe quelque chose de très fort et les gens d'ici parlent de "leur" barrage. Je n'avais jamais connu cela auparavant. Cela m'a donné l'envie de lire tout ce qui touches aux évènements liés à sa construction.

Quels ont été vos premiers rapports avec les anciens Résistants ? Excellents et j'ai clairement senti que, pour eux, la responsabilité du barrage ne tient pas seulement à l'aspect professionnel. Mme Decelle, la femme de l'ingénieur qui a dirigé la construction et est resté dans les mémoires en tant que Résistant acharné, me téléphone régulièrement pour prendre des nouvelles. C'est très touchant.

Qu'en est-il de la situation actuelle de la retenue ? Bien que n'ayant pas de recul, je dois dire qu'elle semble bonne. Les précipitations du début d'année et les chutes de neige ont favorisé le remplissage de la retenue. A cette période où l'on doit produire massivement pour répondre aux besoins, nous pouvons être opérationnels très rapidement et, comme vous pouvez l'entendre, les turbines fonctionnent.

Quels sont les projets pour 2013 ? En marge de l'entretien auquel nous procédons en permanence, un projet, "Renouveau", démarre pour moderniser l'aménagement. L'Aigle est l'un des premiers à l'expérimenter. Le principe est de mettre en liaison tous les automates existants pour pouvoir analyser d'éventuels symptômes et anticiper de façon à gagner en performance.

Comment se passe votre intégration ? Vraiment bien. L'équipe est composée de dix-huit personnes en ce moment, dont un apprenti en CAP électrotechnique que nous suivons tous avec le même objectif : sa réussite. Nous sommes dans une phase de formation pour anticiper les futur départs en inactivité de certains employés.

En conclusion ? Ce travail est passionnant et l'Aigle l'est aussi, à bien des égards. Je suis conscient d'avoir encore beaucoup de choses à acquérir mais ça aussi, c'est motivant. Chaque site a ses spécificités et la remise en question personnelle est toujours d'actualité.

Propos recueillis par
Yveline David

Journal La Montagne 05/01/2013 article Claudine HEBRARD

Partagé entre le Cantal et la Corrèze, le chantier du barrage de l'Aigle débutait à l'été 1936, avec une soixantaine d'ouvriers.

Des terrassiers avec l'eau jusqu'au ventre, des mineurs, attachés aux rochers par une simple corde, risquant leur vie au moindre faux pas. Éloignés des centres d'approvisionnement, ces ouvriers ne disposaient pas de moyens de transport, ni d'aucune baraque conforme à l'hygiène.

Le secrétaire du syndicat du bâtiment de Mauriac, qui était descendu sur ce grand chantier, témoigne dans une correspondance de leurs conditions de vie sur le site. Les ouvriers, pour la plupart, étaient contraints de coucher dans le foin. Le syndicat saisissait la direction de l'énergie électrique de la Moyenne Dordogne et le ministre des travaux publics, estimant que les salariés étaient en droit d'espérer une autre attitude d'une entreprise financée par l'État et les collectivités, et exigeait la suppression de la catégorie des « demi-ouvriers » sous payée.

La nationalisation
votée à la majorité

Le 31 décembre 1936, le gouvernement du Front Populaire décidait la création d'un fonds d'amortissement des charges de l'électrification rurale. L'objectif était d'alléger le poids des emprunts contractés par les collectivités pour construire les réseaux. Après la nationalisation partielle des chemins de fer, le 31 juillet 1937, le gouvernement envisageait la création d'une société nationale de l'énergie électrique. Un décret-loi institua un comité d'enquête sur la production de l'électricité.

Des agents de la compagnie régionale Cantal-Corrèze du gaz et de l'électricité, présents en 1937 lors d'une réunion où Marcel Paul, futur ministre de la production industrielle à la Libération, parlait de nationalisation, pensaient ne jamais connaître son acte de naissance. Près d'une dizaine d'années s'écoulèrent avant que le Conseil national de la Résistance concrétise les attentes du peuple.

La nationalisation fut votée par l'Assemblée constituante avec 512 voix sur 576 votants, le 29 mars 1946. À l'occasion du cinquantenaire de la Chambre de commerce et d'industrie du Cantal, le 25 septembre 1950, son président regrettait que la loi de nationalisation ait dépossédé la XVII e région de la gestion de la société Énergie Électrique de moyenne Dordogne et des barrages.

(*) Sources. Barrage de Sarrans : Denis Lidove (Thérondels) ; revue de la Haute-Auvergne, tome 36 (1958) ; barrage de l'Aigle : archives de l'institut CGT d'Histoire sociale du Cantal (correspondances) ; nationalisation : brochure éditée en 1987 par le Centre de distribution mixte de Tulle ; plaquette éditée pour le cinquantenaire de la Chambre de commerce d'Aurillac et du Cantal.

Journal La Montagne 17/09/2012

Ce samedi 8 septembre, on inaugurait Les Ailes de la mémoire, magnifique 'uvre d'art installée au c'ur du Barrage de l'Aigle en hommage aux constructeurs du barrage qui, dès l'automne 42 se constituaient en groupe militaire : le bataillon Didier, du nom dans la clandestinité d'André Decelle - un des concepteurs du barrage et directeur des travaux.

Sa veuve et son fils étaient présents à la cérémonie ainsi qu'une centaine de personnes qui avaient pris place dans la grande salle du barrage, de nombreuses personnalités civiles et militaires et élus de la Corrèze et du Cantal étaient là aussi, ainsi que les représentants des anciens combattants de Mauriac, Soursac et Chalvignac.

Retour sur« le barrage de la résistance »

Jean-Pierre Blanchet, le président de l'amicale des Compagnons de l'Aigle sur Dordogne retraçait l'historique des événements qui ont donné le nom de « barrage de la résistance » au barrage de l'Aigle. Ouvriers, cadres français, réfugiés espagnols, italiens, polonais, juifs, nord-africains, bel exemple de cohabitation et de tolérance, qui tous ont participé à la libération de la France.

Ensuite Philppe Reffay directeur EDF vallée de la Dordogne, Joël Findris directeur de cabinet du préfet du Cantal intervenaient pour parler eux aussi de cette période historique. Enfin Jean-Pierre Blanchet et Jean-Claude Segaud (délégué général de l'amicale des Compagnons de l'Aigle) dévoilaient la sculpture fixée au mur.

Des enfants des écoles de Soursac et Chalvignac chantaient la Marseillaise reprise bien sûr par l'assistance. Ensuite, tout le monde était convié au pot de l'amitié. La matinée se terminait devant la stèle du souvenir sur la chaussée du barrage où trois gerbes étaient déposées par les représentants du préfet du Cantal, du conseil régional d'Auvergne et de l'ACAD.

Journal La Montagne 11/09/2012

L’amicale des combattants de l’Aigle sur Dordogne et EDF ont dévoilé samedi une sculpture, en mémoire des Résistants de la guerre 1939-1945.

Les ailes de la Résistance déployées

«Les ailes de la mémoire », tel est le nom attribué à la sculpture qui orne désormais le grand hall de l'usine. Imaginé par Jean-Claude Ségaud, délégué général et réalisé par l'entreprise Pol Agret de Clermont-Ferrand, ce vibrant hommage au courage des résistants de l'Aigle a suscité une émotion très vive chez les nombreux invités. Parmi eux, la présence de trois anciens était déjà remarquable. Pierre Conchon (89 ans), René Antignac (91 ans) et Yves Pouget (92 ans) font en effet partie des rescapés de cette époque et étaient les seuls, sur les quarante survivants, à avoir pu se déplacer pour venir à Chalvignac.

Autre présence hautement significative, celle de Simonne Decelle et de son fils Alain. Le nom de leur défunt mari et père, André, alias Commandant Didier pendant les événements, est doublement inscrit sur la sculpture, hommage s'il en est à un homme qui, dès 1940, a commencé la lutte et peut être à juste titre considéré comme le pilier de la Résistance au barrage de l'Aigle. « C'est très émouvant, déclare sa veuve. Les discours qui viennent d'être prononcés étaient très beaux, même si tout cela rend l'absence d'André un peu plus pesante. »

Pour ceux qui connaissent moins l'histoire du barrage de la Résistance, l'allocution prononcée par Jean-Paul Blanchet, président de l'association, a constitué un plongeon dans un passé qui, s'il a été ténébreux, n'en reste pas moins une formidable aventure de courage, de camaraderie et de solidarité.

Des propos repris par Joël Findris, directeur de cabinet du préfet du Cantal retenu par d'autres obligations. Il ajoutait, félicitant les travaux effectués par l'école de Chalvignac : « Les Résistants vont être de plus en plus rares. Le temps qui passe renforce le devoir de mémoire et il est admirable que les enfants aient fait la connaissance de ceux qui ont incarné le refus de l'anéantissement. »

Les enfants étaient d'ailleurs conviés à la cérémonie et c'est accompagnés par toute l'assemblée qu'ils ont entonné La Marseillaise.

L'amicale, qui se réunit une fois par an sur le site de l'Aigle, entend bien faire perdurer son action en faveur de la mémoire et du respect dû aux protagonistes locaux de l'histoire. Ainsi, on se souvient que, l'an passé, la petite école de Chalvignac avait, au cours d'une autre cérémonie, pris le nom d'André Decelle.

« Nous leur devons également la qualité de cet ouvrage »

« Les ailes de la mémoire », cette année, ont pris une dimension particulière dans la mesure où elles sont apposées au c'ur même de l'usine EDF : « Nous sommes directement concernés par leurs actions, reconnaît Arnaud Courbier, directeur. Ces hommes ont fait preuve d'un courage exemplaire en entrant dans la Résistance mais nous leur devons également la qualité de cet ouvrage. »

En guise de souvenir, l'association a créé la surprise en offrant à chaque invité un coffret contenant les fac-similés du journal « Notre barrage », édité sur le site entre 1940 et 1945. Un geste unanimement apprécié.

Yveline David

Journal La Montagne le 01/04/2012

Installé à la m aison de retraite Les Vaysses depuis 2003, l’abbé Gaillard est un personnage que l’on ne peut oublier lorsque l’on a croisé son chemin.

Un homme qui préfère être qu'avoir…

C'est le 6 octobre 1922 que naît Paul-Émile Gaillard, dans le petit bourg de Fontanges. Dès le départ, la religion fait partie de son quotidien. De fait, si la famille est très pratiquante du côté maternel, la branche Gaillard de son père a été le berceau de plusieurs jésuites et d'un nombre conséquent de prêtres filleuls.

L'enfance de Paul-Émile va pourtant être perturbée par la maladie. Une banale appendicite se transforme en cruelle péritonite qui va affaiblir le jeune garçon de 12 ans pendant deux années.

Entouré, il l'est. Par ses parents, par son demi-frère qui est aussi son cousin orphelin adopté par la famille et par un homme qu'il n'oubliera jamais : l'abbé Bouchy, curé de Fontanges. « J'étais enfant de ch'ur, se souvient-il. Je crois que j'ai toujours su à quoi j'étais destiné. »

« A la pêche… à la main »

Rétabli enfin, il fait sa seconde à Saint-Eugène d'Aurillac puis entre en 1944 au Grand Séminaire de Saint-Flour. Il est ordonné prêtre cinq ans plus tard. Tout d'abord vicaire à Massiac, il est ensuite nommé à Marchastel avant de devenir, en 1963, curé d'Auzers. Il va y rester quarante ans. Lorsqu'il évoque son existence, l'abbé la revit et sa mémoire est intacte. Les souvenirs affluent et, l''il pétillant de malice, il relate des moments inoubliables. « Môme, j'étais bien dehors. Dans la classe, nous étions sept garçons. On allait à la pêche… à la main bien sûr ! » Dans un éclat de rire, il conte volontiers les facéties auxquelles ils se livraient comme accrocher des 'ufs d'oies aux cloches de l'église à l'heure de la messe, ou attacher des grenouilles dans le bénitier pour terroriser les paroissiennes.

Son regard se porte néanmoins sur l'évolution du monde. « Avant la dernière guerre, il existait une classe sociale qui a disparu : les ouvriers agricoles qui se louaient pour les saisons. Il y en avait une trentaine à Fontanges. »

L'abbé Gaillard se remémore également l'importance de l'école. « Le certificat d'étude était capital. C'était le passeport pour l'ascension sociale. » Il garde par ailleurs de cette époque, l'indéfectible lien qui unissait l'homme à la terre. « Le lieu habité prévalait sur le nom de famille. Chaque pré, chaque vache avait un nom. La terre façonnait véritablement le destin des hommes. »

Des quarante ans passés à Auzers, l'abbé conserve des souvenirs émus. « On faisait partie des meubles, le maire, l'instituteur et moi. On vivait avec les gens et on s'est assis dans chaque maison. »

« Avant la dernière guerre, il existait
une classe sociale qui a disparu : les ouvriers agricoles »

A son âge et sans pour autant juger, Paul Gaillard déplore un monde qui cherche ses marques dans le verbe « avoir ». « Il est au bout du rouleau. Le verbe "être" est oublié et c'est bien dommage. Ça n'est pas pour rien que l'homme porte son portefeuille du côté du c'ur. »

Passionné d'histoire, l'ancien curé se réfugie dans la lecture et déclare : « Je ne serai pas fondamentalement malheureux tant que je pourrai lire. » Une des échappatoires dont il use volontiers quand des situations l'ennuient et qu'il se réfugie dans des livres ou des pensées qui le font voyager. « Quand quelque chose ou quelqu'un m'em… je m'évade ! »

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